Les colonies d’abeilles hygiéniques résistent mieux aux agents pathogènes

Des abeilles naturellement mieux armées contre les maladies

Certaines colonies d'abeilles entretiennent leur ruche avec un soin remarquable. Et cette habitude, selon de nouvelles recherches, leur confère une résistance supérieure face à un agent pathogène particulièrement redoutable.

Tout repose sur ce qu'on appelle le comportement hygiénique des abeilles mellifères, une caractéristique héréditaire liée à la présence d'un gène spécifique. Les colonies porteuses de ce gène éliminent beaucoup plus rapidement les larves et les nymphes malades ou mortes. Elles détectent les signaux chimiques libérés par des individus en mauvaise santé, ouvrent les alvéoles concernées et en retirent le contenu. Ce trait est transmis génétiquement et il est exploité depuis longtemps dans les programmes de sélection apicole.

Une étude qui va bien au-delà du simple nettoyage

Une nouvelle étude publiée dans PLOS ONE révèle quelque chose de bien plus profond que la simple élimination des déchets. La chercheuse Sydney Miller de l'Université du Vermont et ses collègues ont trouvé des preuves solides que les abeilles issues de colonies hygiéniques résistent mieux à Nosema ceranae. Ce parasite très répandu fragilise gravement les abeilles à travers le monde entier.

Nosema s'attaque à l'intestin de l'abeille et perturbe l'absorption des nutriments. Selon Miller : « Nosema est l'un des agents pathogènes les plus courants. Ce parasite affame littéralement l'abeille en dégradant son intestin. » Elle souligne malheureusement qu'il n'existe à ce jour que très peu de traitements véritablement efficaces contre cette infection.

Le protocole expérimental : sirop sucré et spores parasites

Les chercheurs ont comparé des abeilles issues de colonies hygiéniques et non hygiéniques, à travers des expériences menées aussi bien sur le terrain qu'en laboratoire. Dans un premier temps, ils ont identifié les colonies hygiéniques grâce à un test standardisé mesurant ce comportement. Ils ont ensuite prélevé de jeunes ouvrières fraîchement écloses, qu'ils ont maintenues en petits groupes dans des cages.

Ces jeunes abeilles ont ensuite reçu du sirop de sucre. Une partie des groupes a consommé du sirop pur, tandis que d'autres ont reçu un sirop contenant des spores de Nosema. Les abeilles ont pu se nourrir librement pendant 24 heures. Les chercheurs ont pesé les distributeurs de nourriture avant et après cette période afin de mesurer précisément la quantité consommée par chaque groupe.

Les résultats montrent que les abeilles des colonies hygiéniques consomment globalement moins de sirop sucré. Ce comportement est encore plus marqué en présence de spores de Nosema dans le sirop : elles évitent davantage la nourriture contaminée. Cela suggère qu'elles sont capables de reconnaître et d'esquiver une alimentation à risque. La preuve n'est pas encore absolument définitive, mais elle indique clairement que ces abeilles gèrent les menaces environnementales différemment.

Un système immunitaire plus puissant

Les chercheurs ont ensuite examiné ce qui se passe à l'intérieur de l'organisme d'une abeille infectée. Ils ont suivi l'évolution de l'infection tout en mesurant l'activité de deux gènes liés au système immunitaire : la Vitellogenin et l'Hymenoptaecin. Il s'avère que les abeilles hygiéniques et non hygiéniques tombaient malades avec une intensité similaire. Mais les abeilles hygiéniques survivaient nettement plus longtemps.

Les mesures d'activité génique expliquent pourquoi : le système immunitaire des abeilles hygiéniques travaille sensiblement plus fort. Là où la réponse immunitaire des abeilles non hygiéniques semblait s'effondrer progressivement, celle des abeilles hygiéniques s'intensifiait au contraire. Cela démontre que leur système de défense fonctionne selon une logique différente, ce qui leur permet finalement de mieux combattre les agents pathogènes.

Moins de maladies dans les colonies hygiéniques

La membre de l'équipe Samantha Alger explique : « Cette étude montre pourquoi les colonies hygiéniques souffrent généralement moins des ravageurs et des agents pathogènes dans la pratique. Il ne s'agit donc pas seulement d'éliminer les larves malades et mortes. Ces abeilles semblent également disposer d'un système immunitaire plus robuste, leur permettant de mieux faire face aux infections. »

Ces résultats sont particulièrement importants pour les apiculteurs, car la présence de Nosema ceranae représente souvent une menace économique sérieuse. Cette étude démontre pour la première fois de façon claire que Nosema ceranae peut être efficacement combattu par ce biais. L'équipe espère donc que davantage d'apiculteurs s'orienteront vers l'élevage et le maintien de colonies d'abeilles hygiéniques.

Auteur/autrice

  • Jonathan Coni est un blogueur et influenceur français reconnu pour ses contenus pratiques autour des astuces du quotidien. À travers des vidéos courtes, claires et faciles à reproduire, il partage des lifehacks pour la maison, des conseils de ménage, des idées DIY et des petits trucs qui simplifient la vie de tous les jours.

    Son approche se distingue par des solutions simples, rapides et accessibles, souvent réalisées avec des produits courants : éliminer la rouille, optimiser le rangement, nettoyer plus efficacement ou résoudre de petits soucis domestiques. Avec un ton direct et pédagogique, Jonathan aide sa communauté à gagner du temps, à économiser et à adopter des gestes malins au quotidien.

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