Les open spaces au bureau favorisent le harcèlement au travail

Des espaces ouverts propices au harcèlement

Aménager un lieu de travail en open space traditionnel augmente significativement le risque de harcèlement entre collègues. C'est ce que révèle une étude suédoise menée auprès de plus de 3 300 salariés.

Ces dernières années, l'open space s'est imposé comme la norme dans de nombreuses entreprises. Les employeurs y voient une façon d'optimiser chaque mètre carré disponible, tout en espérant favoriser de meilleures relations entre collègues. L'idée repose sur une logique simple : un espace ouvert génèrerait plus d'échanges, une meilleure collaboration et davantage de créativité. Pourtant, des chercheurs de l'Université de Linköping, en Suède, ont mis en évidence un revers bien concret à ce type d'aménagement — les employés y sont plus souvent victimes de harcèlement. Les résultats ont été publiés dans la revue Occupational Health Science.

Harcelé au bureau

Pour mener cette étude, l'équipe de recherche a envoyé un questionnaire à plus de 3 300 travailleurs suédois sélectionnés aléatoirement, avant d'analyser l'ensemble des réponses. Le constat est sans ambiguïté : les salariés qui travaillent régulièrement dans un open space traditionnel ont une probabilité nettement plus élevée d'être victimes de harcèlement que ceux qui exercent dans des bureaux de taille réduite.

Parmi les personnes interrogées, 21 % déclaraient travailler dans un open space classique. Environ 9 % évoluaient dans ce qu'on appelle un activity-based office — un open space doté d'espaces calmes séparés, vers lesquels les salariés peuvent se retirer. Le reste des répondants disposait d'un bureau individuel ou partageait une pièce avec un petit nombre de collègues.

Les chercheurs ont constaté que les comportements de harcèlement sont en moyenne bien plus fréquents dans les espaces aménagés en open space. Cet écart persistait même après avoir pris en compte d'autres facteurs, comme la personnalité des employés. Selon les auteurs de l'étude, cela indique clairement que le problème ne tient pas uniquement au caractère des individus, mais aussi à la configuration de l'environnement de travail.

Une atmosphère dégradée

Pour le chercheur Michael Rosander, ce résultat est particulièrement important. "L'augmentation du harcèlement est une conséquence négative manifeste de ce type d'aménagement", explique-t-il. "Il était essentiel de le démontrer, car ce problème n'avait encore jamais été soulevé sous cet angle." Des travaux antérieurs avaient déjà montré que les bénéfices sociaux supposés de l'open space traditionnel ne se vérifiaient pas dans les faits. Cette nouvelle étude va encore plus loin en démontrant que ce type d'espace peut activement détériorer les relations entre collègues.

L'explication avancée par Rosander est assez intuitive : dans un grand espace ouvert, les collègues se voient et s'entendent en permanence. Les irritations s'accumulent progressivement, jusqu'à déboucher sur des comportements de harcèlement. Et pour les victimes, il n'existe souvent aucun endroit où se réfugier pour retrouver un peu de calme.

Un avertissement clair pour les employeurs

L'étude révèle également que les activity-based offices ne comportent pas ce risque particulier. Cela laisse penser que des espaces calmes dédiés suffisent, dans bien des cas, à offrir aux salariés un véritable espace de respiration. Ces bureaux ne sont toutefois pas exempts d'inconvénients : les deux types d'open space tendent à pousser les employés à envisager plus fréquemment de changer d'emploi.

Les conclusions de cette étude constituent un signal d'alarme pour les dirigeants et les responsables RH. Rosander est formel : "Les open spaces traditionnels sont néfastes pour les salariés et pour la productivité. Ils poussent même les gens à chercher un autre emploi." Il pourrait donc s'avérer bien plus bénéfique de diviser un grand espace en zones plus réduites. Le chercheur suggère également de regrouper les collègues qui exercent des tâches similaires ou partagent des styles de travail comparables. Et si des tensions venaient malgré tout à surgir, il est primordial de les identifier et de les traiter le plus tôt possible.

Auteur/autrice

  • Jonathan Coni est un blogueur et influenceur français reconnu pour ses contenus pratiques autour des astuces du quotidien. À travers des vidéos courtes, claires et faciles à reproduire, il partage des lifehacks pour la maison, des conseils de ménage, des idées DIY et des petits trucs qui simplifient la vie de tous les jours.

    Son approche se distingue par des solutions simples, rapides et accessibles, souvent réalisées avec des produits courants : éliminer la rouille, optimiser le rangement, nettoyer plus efficacement ou résoudre de petits soucis domestiques. Avec un ton direct et pédagogique, Jonathan aide sa communauté à gagner du temps, à économiser et à adopter des gestes malins au quotidien.

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