Démarchage téléphonique : pourquoi certains appels restent légaux malgré la nouvelle loi

Nouvelle loi, vieux réflexes : ce qui change vraiment dans le démarchage téléphonique

Votre téléphone sonne encore. Un numéro inconnu s'affiche. Pourtant, depuis mi-2025, la France a considérablement durci ses règles contre le démarchage téléphonique. De nombreux consommateurs pensaient avoir enfin gagné la paix. Mais les appels continuent — et ce n'est pas un hasard.

La réforme législative du 30 juin 2025 a inversé le principe de base : les appels publicitaires sont désormais interdits par défaut, sauf si le consommateur a donné son accord explicite au préalable. Fini les cases pré-cochées ou les clauses enfouies dans les conditions générales.

Sans consentement préalable et vérifiable, aucun appel commercial ne peut légalement avoir lieu — c'est le nouveau principe fondateur.

Ce consentement doit être libre, clair, précis et révocable à tout moment. Les entreprises doivent être en mesure de prouver qu'elles l'ont bien obtenu. Un formulaire en ligne avec une case à moitié cachée ne suffit plus.

Une période de transition est en cours : à partir d'août 2026 au plus tard, toutes les entreprises devront avoir adapté leurs processus, qu'elles appellent elles-mêmes ou qu'elles confient cette tâche à des centres d'appels externes.

Alors pourquoi votre téléphone sonne-t-il encore ?

Malgré cette ligne dure en apparence, une exception importante subsiste : si un contrat existe déjà, les entreprises peuvent continuer à contacter leurs clients. La loi distingue clairement les inconnus des personnes déjà liées par un engagement contractuel.

Cela peut concerner, par exemple :

  • Un fournisseur d'énergie qui propose un nouveau tarif
  • Un assureur qui présente une option complémentaire
  • Un opérateur Internet ou mobile qui vante une mise à niveau
  • Une banque qui commercialise des produits additionnels liés à un compte existant

Ces appels sont considérés comme liés à un contrat en cours. Ils visent officiellement à améliorer la qualité, l'étendue ou l'efficacité de l'offre existante.

Quand le contrat devient une porte ouverte aux appels commerciaux

C'est précisément cette exception contractuelle qui explique pourquoi tant de personnes continuent d'être contactées, alors qu'elles se croyaient protégées. Multiplier les contrats — électricité, gaz, assurances, Internet, carte bancaire — revient à multiplier les canaux potentiels de démarchage.

Un contrat actif fonctionne comme une porte entrouverte : l'interdiction de démarchage n'y s'applique que de façon limitée.

Un fournisseur d'énergie peut ainsi appeler pour présenter un tarif « plus écologique » ou « plus stable ». Un assureur peut signaler de nouvelles garanties censées mieux couvrir les risques. L'argument juridique avancé est que ces propositions s'inscrivent dans une logique d'optimisation du contrat existant.

Où se situe la limite à ne pas franchir ?

Cette ouverture n'est pas sans garde-fous. Dès que le client exprime clairement son refus, l'appel doit cesser immédiatement. Deux règles s'imposent alors :

  • Si le client déclare au téléphone qu'il ne souhaite plus être contacté à des fins commerciales, cette décision doit être respectée sans délai.
  • Après un refus explicite, aucun autre appel marketing ne peut être passé, même si le contrat se poursuit.

Les consommateurs ne devraient donc pas se contenter de raccrocher avec agacement. Formuler son opposition clairement — par exemple en disant : « Veuillez supprimer mon numéro de votre liste de démarchage » — peut avoir une réelle portée juridique.

Secteurs sous interdiction totale : là où le démarchage n'est plus possible du tout

En parallèle de la réforme générale, des interdictions sectorielles sont déjà en vigueur en France, ciblant précisément les domaines où les arnaques sévissaient depuis des années.

Depuis le 1er juillet 2025, le démarchage téléphonique est notamment interdit dans les secteurs suivants :

Secteur Ce qui est interdit Exception
Rénovation énergétique Appels portant sur l'isolation, le remplacement de fenêtres, de chaudières, etc. Autorisé uniquement avec un contrat préexistant
Adaptation du logement au vieillissement ou au handicap Appels concernant les monte-escaliers, salles de bain accessibles, travaux d'aménagement Uniquement dans le cadre d'une relation contractuelle en cours

Le législateur répond ainsi à des années de dérives. De nombreuses entreprises douteuses avaient pris l'habitude de faire pression sur les personnes âgées avec de prétendus programmes d'aides ou des diagnostics soi-disant gratuits. Ces nouvelles règles visent à tarir définitivement ces pratiques.

En matière de rénovation énergétique et d'adaptation du logement, le démarchage téléphonique sans relation contractuelle préalable est strictement interdit depuis 2025.

L'exception contractuelle reste toutefois applicable : quiconque a déjà signé un devis dans ces domaines peut encore être contacté — par exemple pour des prestations complémentaires. Les autorités exercent désormais un contrôle renforcé, en particulier lorsque des soupçons d'abus de faiblesse ou de pratiques abusives sont détectés.

Ce que les consommateurs peuvent concrètement faire

La théorie, c'est bien. Mais face à un téléphone qui vibre sans arrêt, mieux vaut connaître ses droits et les exercer activement. Trois stratégies se révèlent particulièrement efficaces.

1. Surveiller ses consentements au quotidien

Lors d'achats en ligne, de jeux-concours ou de souscriptions de contrats, des cases relatives aux communications commerciales apparaissent régulièrement. Beaucoup de gens cliquent sans lire, pressés d'en finir. C'est précisément là que les entreprises collectent leurs preuves de « consentement ».

  • Lire attentivement les cases à cocher et ne les valider que si la publicité est vraiment souhaitée.
  • Vérifier dans les documents contractuels s'il existe des mentions relatives au démarchage téléphonique.
  • En cas de doute, consulter son espace client pour savoir quels consentements y sont enregistrés.

2. Formuler son opposition de façon explicite

Quelqu'un qui reçoit un appel non désiré ne devrait pas se taire et raccrocher — il devrait s'opposer clairement. Plus la formulation est précise, moins l'entreprise dispose de marge de manœuvre.

Quelques exemples de formules efficaces :

  • « Je ne souhaite plus recevoir d'appels commerciaux de votre part. »
  • « Veuillez supprimer mon numéro de votre liste de démarchage. »
  • « Je m'oppose à l'utilisation de mes données à des fins de prospection téléphonique. »

Pour plus de sécurité, il est également possible de confirmer ce refus par écrit — par e-mail ou courrier adressé au service client.

3. Rester méfiant sur les sujets sensibles

Dans les domaines de l'énergie, de la rénovation ou des services à la personne, les escrocs exploitent les doutes et les lacunes d'information. Même si certains secteurs ne peuvent quasiment plus démarcher par téléphone, des appelants continuent de se manifester en invoquant de prétendues lois ou aides financières.

Quelques signaux d'alerte à ne pas ignorer :

  • L'appelant insiste pour obtenir une décision immédiate.
  • Des offres valables « aujourd'hui seulement » sont mises en avant.
  • La personne esquive les questions précises sur le nom de l'entreprise, l'adresse ou le contenu du contrat.

Dans ces cas, un « non » ferme suivi d'un raccrochage est la meilleure réponse. Les prestataires sérieux acceptent les questions et laissent le temps de la réflexion.

Ce que cette réforme signifie concrètement pour les consommateurs

La direction est claire : davantage de protection, une exigence renforcée de consentement, des obligations de transparence et de preuve accrues. Mais l'expérience le montre aussi : même avec des règles strictes, les entreprises trouvent des moyens de s'adresser à leurs clients — notamment via les contrats en cours, les programmes de fidélité ou les soi-disant appels de service.

Les garde-fous juridiques réduisent les appels, mais ils ne remplacent pas une gestion active et consciente de son propre numéro de téléphone.

Scénarios concrets : comment les exceptions fonctionnent en pratique

Prenons un premier exemple. Une cliente a souscrit un contrat d'électricité il y a plusieurs années. Elle n'a jamais explicitement accepté de recevoir des appels publicitaires. Pourtant, son fournisseur l'appelle pour lui proposer un tarif « plus vert », légèrement plus cher. Cet appel est légal selon la nouvelle logique, car il se rattache au contrat existant et vise officiellement à en « améliorer la qualité ».

Second exemple : un retraité a fait réaliser des travaux de rénovation énergétique il y a trois ans. L'entreprise le rappelle aujourd'hui pour lui proposer des interventions supplémentaires. Bien que le démarchage téléphonique soit globalement interdit dans ce secteur, l'exception contractuelle s'applique ici. Cet appel peut être tout à fait légal — tant que l'intéressé n'a pas exprimé son refus.

Dans les deux cas, c'est le consommateur qui a le dernier mot. Celui qui décroche et dit clairement « stop » ferme cette porte pour les appels futurs. Celui qui reste silencieux envoie, aux yeux de l'appelant, un signal de tolérance implicite.

Risques et opportunités des nouvelles règles

Pour les consommateurs, le risque d'être submergé par des centres d'appels agressifs sans aucun lien préexistant diminue sensiblement. Les campagnes massives visant des inconnus sont désormais beaucoup plus encadrées. Mais une partie du marketing se déplace vers la « gestion des clients existants ».

C'est là que réside la tension : d'un côté, des offres pertinentes peuvent émerger — de vraies optimisations tarifaires ou des services réellement utiles. De l'autre, certaines entreprises exploitent cette zone grise pour vendre de nouveaux produits sous couvert de « conseil ».

Celui qui connaît ses droits et les exerce avec calme mais détermination peut faire pencher la balance en sa faveur : laisser passer les contacts utiles, bloquer les appels intrusifs — malgré toutes les exceptions que la loi continue d'autoriser.

Auteur/autrice

  • Jonathan Coni est un blogueur et influenceur français reconnu pour ses contenus pratiques autour des astuces du quotidien. À travers des vidéos courtes, claires et faciles à reproduire, il partage des lifehacks pour la maison, des conseils de ménage, des idées DIY et des petits trucs qui simplifient la vie de tous les jours.

    Son approche se distingue par des solutions simples, rapides et accessibles, souvent réalisées avec des produits courants : éliminer la rouille, optimiser le rangement, nettoyer plus efficacement ou résoudre de petits soucis domestiques. Avec un ton direct et pédagogique, Jonathan aide sa communauté à gagner du temps, à économiser et à adopter des gestes malins au quotidien.

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