Proposition : réduire la taxe à l’importation sur l’essence et le diesel à 0 % pour stabiliser l’approvisionnement

Face aux turbulences qui secouent les marchés énergétiques mondiaux, le Vietnam prend une décision radicale — et accepte de perdre des recettes fiscales significatives pour y faire face.

Dans les coulisses de l'administration à Hanoï, un décret gouvernemental est en cours d'élaboration. Son objectif : ramener temporairement à zéro les droits de douane à l'importation sur des carburants essentiels comme l'essence et le diesel. Il s'agit de garantir l'approvisionnement, d'amortir les chocs de prix et de soulager l'économie nationale, alors que les conflits au Moyen-Orient bouleversent les marchés pétroliers mondiaux.

Pourquoi le Vietnam agit maintenant sur la fiscalité

Cette initiative ne sort pas de nulle part. Le ministère des Finances la justifie par une combinaison de crise géopolitique et de perturbations sérieuses des marchés. Au cœur des préoccupations : le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran, qui pèse de plus en plus lourd sur l'approvisionnement en pétrole mondial.

Le point stratégiquement critique, c'est le golfe d'Oman et l'accès au golfe Persique. Les blocages autour du détroit d'Ormuz empêchent actuellement l'acheminement d'environ 20 millions de barils de brut par jour depuis le Moyen-Orient vers les raffineries, notamment asiatiques.

Face à cette situation, de nombreuses raffineries de la région ont été contraintes de :

  • réduire leur taux d'utilisation,
  • puiser davantage dans leurs propres réserves de brut,
  • et limiter leurs volumes d'exportation de produits pétroliers finis.

Cette réaction en chaîne fait grimper les prix de l'essence, du diesel et du kérosène, tout en augmentant le risque de véritables pénuries d'approvisionnement — y compris pour le Vietnam.

Le gouvernement voit dans une réduction massive des droits d'importation un outil pour combler les lacunes d'approvisionnement et amortir les hausses de prix sur le marché intérieur.

Comment les importations pétrolières vietnamiennes sont actuellement sécurisées

Le Vietnam s'approvisionne en produits pétroliers raffinés principalement auprès de deux sources : les pays de l'ASEAN et la Corée du Sud. Grâce aux accords de libre-échange, les taux de droits de douane sont déjà souvent à 0 % dans ces cas.

C'est précisément là que réside le problème. Quand les raffineries de ces régions réduisent leur production faute de brut suffisant, des livraisons exemptes de droits ne servent à rien si les volumes disponibles s'effondrent. Le gouvernement de Hanoï veut donc gagner en flexibilité et pouvoir acheter auprès d'autres pays sans être freiné par des taxes à l'importation élevées.

Si la pénurie actuelle persiste, le Vietnam risque de faire face à :

  • des perturbations de l'approvisionnement en carburant,
  • des pics de prix prolongés aux pompes,
  • et des répercussions négatives sur l'industrie, le transport et l'agriculture.

Ce qui sera précisément ramené à 0 %

Le ministère de l'Industrie a soumis une proposition bien délimitée, que le ministère des Finances est en train de transformer en décret. Ce texte vise à réduire les taux de droits NPF (taux de la nation la plus favorisée) sur toute une série de produits pétroliers — de manière limitée dans le temps jusqu'au 30 avril 2026.

Essence et composants de l'essence

Pour l'essence sans plomb, le projet prévoit de faire passer le taux NPF de 10 % à 0 %. Cela concerne plusieurs positions tarifaires, notamment :

  • l'essence sans plomb (par exemple sous les codes 2710.12.21, 2710.12.22, 2710.12.24, 2710.12.25),
  • les composants de mélange pour l'essence comme le naphta et les réformats (code 2710.12.80).

Le Vietnam souhaite ainsi pouvoir importer à moindre coût non seulement de l'essence finie, mais aussi les matières premières nécessaires à la production locale de carburants.

Diesel, kérosène et fioul lourd

Pour les autres produits pétroliers, le gouvernement envisage des réductions tout aussi importantes. Le taux NPF devrait passer de 7 % à 0 %, notamment pour :

  • le gazole,
  • le fioul (fuel oil),
  • le kérosène et le carburant aviation.

Pour des produits pétrochimiques intermédiaires tels que le xylène, le condensat et le p-xylène, une réduction de 3 % à 0 % est prévue. D'autres hydrocarbures cycliques passeraient de 2 % à 0 %. Le Vietnam entend ainsi alléger simultanément les charges de son industrie pétrochimique et sécuriser d'autres voies d'approvisionnement pour son marché intérieur.

Ce que le budget de l'État perd dans l'opération

Sur le plan budgétaire, ce plan est loin d'être neutre. Les responsables du projet ont calculé ce qu'un tel ensemble de mesures représenterait en termes de manque à gagner si elles étaient pleinement appliquées en 2025.

Mesure Taux actuel Nouveau taux
Essence sans plomb et composants 10 % 0 %
Diesel, kérosène, carburant aviation, fioul 7 % 0 %
Xylène, condensat, p-xylène 3 % 0 %
Autres hydrocarbures cycliques 2 % 0 %

Sur la base des volumes d'importation attendus en 2025, le ministère des Finances anticipe un déficit d'environ 1 024 milliards de dongs vietnamiens dans les caisses de l'État — ce qui correspond, selon le taux de change, à plusieurs centaines de millions d'euros.

Le gouvernement accepte des pertes fiscales à court terme se chiffrant en milliards afin d'éviter des dommages durables liés aux pénuries d'énergie et aux chocs de prix.

La période d'application du décret s'étendrait de sa signature jusqu'au 30 avril 2026. Si la situation sur les marchés énergétiques ne se détend pas, le ministère de l'Industrie pourra demander une prolongation. Le ministère des Finances devrait alors élaborer un nouveau projet à soumettre au gouvernement.

Un bouclier pour l'économie et les consommateurs

Officiellement, le ministère des Finances justifie cette mesure par trois objectifs fondamentaux : la sécurité d'approvisionnement, la stabilité macroéconomique et la croissance. Le Vietnam vise toujours des taux de croissance à deux chiffres, mais cela exige un approvisionnement énergétique fiable et relativement prévisible.

Des droits d'importation plus bas doivent donner aux importateurs la marge nécessaire pour ne pas répercuter intégralement la hausse des coûts d'approvisionnement sur le marché mondial vers les consommateurs. Dans le même temps, un éventail plus large de pays fournisseurs potentiels renforce la résilience du système : si un fournisseur fait défaut, d'autres peuvent prendre le relais sans que les droits de douane ne deviennent un facteur aggravant de coûts.

Le projet est élaboré selon une procédure accélérée, sur la base de la loi relative à l'adoption de normes juridiquement contraignantes. Le législateur répond ainsi à l'urgence de la situation sur les marchés énergétiques.

Les pompes comme baromètre : la hausse des prix en chiffres

Un regard sur les prix intérieurs actuels illustre la tension déjà à l'œuvre. Le 7 mars, les prix de l'essence et du diesel au Vietnam ont été relevés une nouvelle fois.

  • E5RON92 : maximum 25 226 VND par litre, soit une hausse de 3 777 VND par litre,
  • RON95-III : maximum 27 047 VND par litre, soit une hausse de 4 707 VND par litre,
  • Diesel 0,05S : maximum 30 239 VND par litre, soit une hausse de 7 207 VND par litre,
  • Kérosène : maximum 35 091 VND par litre, soit une hausse de 8 490 VND par litre,
  • Fioul lourd 180CST 3,5S : maximum 21 327 VND par kilogramme, soit une hausse de 3 831 VND.

Depuis le début de l'année 2026, la courbe des prix pointe clairement vers le haut. Le RON95 a été ajusté onze fois, avec sept hausses et quatre baisses. L'E5RON92 suit le même schéma. Le diesel a enregistré neuf hausses pour seulement deux baisses. Pour une économie tournée vers l'exportation avec d'importants besoins en transport, cela représente un risque bien réel.

Ce que pourrait concrètement signifier un taux zéro

Comment cette mesure pourrait-elle se manifester en pratique ? Trois scénarios sont envisageables :

  • Scénario optimiste : l'approvisionnement mondial se détend, le prix du pétrole se stabilise. Le taux zéro joue le rôle d'un amortisseur et limite sensiblement les pics de prix à la pompe. L'État renonce certes à des recettes douanières, mais y gagne en croissance et en stabilité.
  • Scénario intermédiaire : la situation reste volatile, des pénuries ponctuelles apparaissent. Grâce à des importations flexibles depuis différentes régions, le Vietnam parvient au moins à éviter les pires problèmes d'approvisionnement et réagit plus efficacement que les pays qui maintiennent des droits élevés.
  • Scénario à risque : les conflits au Moyen-Orient s'intensifient, les volumes de livraison mondiaux chutent sensiblement. Dans ce cas, même un taux zéro n'aura qu'un effet limité, faute de produit suffisant sur le marché. La mesure fiscale atténuera alors surtout les dommages économiques collatéraux.

Pour les citoyens vietnamiens, beaucoup dépend de la mesure dans laquelle la réduction fiscale se répercutera effectivement sur les prix à la consommation. Dans un marché libéralisé, importateurs et distributeurs peuvent conserver une partie des économies réalisées si la demande reste soutenue. Le gouvernement devra probablement répondre à cela par des contrôles de prix, des exigences de transparence ou, à tout le moins, une surveillance étroite du marché.

Éclairage complémentaire : une politique énergétique entre urgence immédiate et objectifs à long terme

Cette mesure soulève également des questions fondamentales sur la politique énergétique du Vietnam. D'un côté, le pays a besoin d'énergies fossiles bon marché pour soutenir sa croissance et son industrie. De l'autre, le Vietnam cherche à réduire sa dépendance au pétrole importé et à augmenter la part des énergies renouvelables dans son mix.

Un taux zéro sur l'essence et le diesel peut, à court terme, rendre moins coûteuse la production d'électricité à partir du charbon ou de générateurs diesel, retardant ainsi les investissements dans des technologies plus propres. En même temps, il donne à l'économie la respiration nécessaire pour que de tels investissements restent possibles. Ce dilemme est partagé par de nombreux pays émergents qui cherchent à croître et à se décarboner simultanément.

Pour les entreprises de la logistique, de la production ou de l'agriculture, une option concrète se dessine : ceux qui améliorent dès maintenant leur efficacité énergétique ou électrifient une partie de leur flotte bénéficient d'un double avantage. À court terme, la pression des coûts relatifs diminue ; à long terme, ils s'affranchissent des chocs géopolitiques qui font flamber le prix du pétrole.

Cette politique peut également avoir des effets indirects sur les ménages. Si les hausses de prix extrêmes aux stations-service sont évitées, les coûts du transport et de l'alimentation restent plus modérés. En même temps, la baisse des recettes douanières pose la question de savoir si l'État devra réduire ses dépenses ailleurs ou trouver de nouvelles sources de revenus — par exemple via des taxes à la consommation ou une réforme des subventions énergétiques. La façon dont le gouvernement gérera cet équilibre se dessinera dans les mois à venir.

Auteur/autrice

  • Jonathan Coni est un blogueur et influenceur français reconnu pour ses contenus pratiques autour des astuces du quotidien. À travers des vidéos courtes, claires et faciles à reproduire, il partage des lifehacks pour la maison, des conseils de ménage, des idées DIY et des petits trucs qui simplifient la vie de tous les jours.

    Son approche se distingue par des solutions simples, rapides et accessibles, souvent réalisées avec des produits courants : éliminer la rouille, optimiser le rangement, nettoyer plus efficacement ou résoudre de petits soucis domestiques. Avec un ton direct et pédagogique, Jonathan aide sa communauté à gagner du temps, à économiser et à adopter des gestes malins au quotidien.

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