Un jeune Français abandonne ses études d'économie, s'envole pour Londres, dépense jusqu'à son dernier euro — et se retrouve propulsé dans une série quotidienne.
Depuis début mars, le comédien Diatrou Cissokho fait partie du casting de la série TF1 « Ici tout commence ». Dans un entretien accordé au magazine Télé Star, il raconte comment un étudiant hésitant est devenu un acteur recherché, pourquoi il a littéralement sacrifié ses derniers billets pour un casting, et en quoi la relation entre son personnage Bakary et Stanislas promet de sérieuses turbulences émotionnelles.
D'étudiant en économie à élève comédien
Diatrou Cissokho a grandi à Lille, loin des tapis rouges, des plateaux de tournage et des studios de casting. Au départ, tout semblait tracé pour lui selon un schéma bien classique. Il s'inscrit à l'université en économie et gestion, en quête de stabilité et d'un métier « raisonnable ».
Pourtant, une autre aspiration refusait de le quitter : le besoin de jouer, d'incarner des histoires, d'exister face à un public. Son entourage le voyait avant même qu'il l'admette lui-même. Ses amis l'encourageaient à suivre une formation d'acteur plutôt que de continuer à rêver en secret de cinéma et de séries.
Ce choix d'études pragmatique s'est transformé en acte libérateur : à 19 ans, Cissokho intègre le conservatoire — et y trouve, pour la première fois, sa vraie place.
Ce changement de cap marque le véritable tournant. Au conservatoire, il découvre les outils pour canaliser son énergie. Il décroche rapidement un rôle central dans la mini-série « Maslow », produite par le Séries Mania Institute. Ce projet le rend visible pour la première fois dans le paysage des séries françaises.
Le saut vers l'Angleterre — et le pari du casting
Après un an d'études de théâtre, Cissokho cherche à nouveau à rompre avec la routine. Il part en Angleterre pour affiner son jeu en anglais, travaillant avec intention sur la langue, le timing et la présence — tout en vivant sur des économies modestes.
C'est précisément à ce moment-là que tombe la proposition d'un casting pour « Ici tout commence ». Pas de filet de sécurité, pas de réserve. Une seule opportunité — et une décision à prendre.
Plutôt que de rester sage et économiser, il mise son dernier argent sur un billet d'avion pour rentrer en France, uniquement pour se présenter à cette audition.
Il postule exclusivement pour le rôle de Bakary — aucune alternative, aucun plan B. Le pari est payant : il obtient le rôle immédiatement, sans rappel, sans tour supplémentaire. Pour lui, cela confirme un sentiment que beaucoup de jeunes comédiens connaissent : parfois, le oui risqué au bon moment vaut toutes les prudences du monde.
Un plateau qui ressemble vraiment à une famille
Sur le tournage d'« Ici tout commence », Cissokho est accueilli avec de belles promesses. Ses collègues lui vantent une ambiance familiale, une entraide sincère, sans compétition toxique. Il reste d'abord sceptique, s'attendant davantage à des formules de politesse réservées aux nouveaux arrivants.
Mais au fil des journées de tournage, sa méfiance s'efface. L'atmosphère est ouverte, les comédiens expérimentés prennent le temps de donner des conseils et restent accessibles. Pour un acteur débutant, ce type de climat allège considérablement la pression. Il évoque une grande chaleur humaine et une réelle volonté d'emmener les nouvelles têtes avec soi.
Des collègues qui deviennent des alliés
La collaboration avec certains jeunes membres du casting s'avère particulièrement intense. Sa liste de « favoris » ressemble à un panorama de la nouvelle génération d'« Ici tout commence » :
- Simon Dartois (Ferdinand Castelmont) — qualifié par Cissokho de « cadeau pour jouer »
- Manec Verdier (César) — une vraie amitié née du travail
- Lucien Belvès et Oscar Al Hafiane — d'autres repères précieux sur le plateau
De tels liens aident à porter une série de façon crédible. La chimie devant la caméra naît presque toujours dans les pauses qui se déroulent loin d'elle.
Qui est Bakary ? Un personnage entre rayons de soleil et blessures intimes
Dans « Ici tout commence », Diatrou Cissokho incarne Bakary, un étudiant de 20 ans animé d'une passion singulière : il n'aime pas prioritairement cuisiner, mais plutôt le service en salle — tout ce qui se passe dans un restaurant une fois les plats préparés.
C'est son beau-père Stanislas Du Chesnay qui lui a transmis cette vocation. Stanislas représente pour Bakary la figure paternelle centrale. Son père biologique, il ne le connaît pas, et ce vide traverse sa vie comme une ombre silencieuse.
| Aspect | Profil de Bakary |
|---|---|
| Âge | 20 ans |
| Passion | Le service, le contact client, la salle de restaurant |
| Contexte familial | Père inconnu, fort attachement à son beau-père Stanislas |
| Trait de caractère | Solaire, sociable, en quête de proximité et de reconnaissance |
Bakary aime les gens, les fêtes, la vie dehors. Il se montre ouvert, mais cet optimisme porte en lui une vraie fragilité. Le sentiment d'abandon ressenti très tôt crée une agitation intérieure qui se reflète dans sa dépendance affective envers Stanislas.
Bakary ne cherche pas seulement à réussir à l'institut — il cherche à appartenir quelque part. Et c'est ce qui rend ses choix si explosifs.
Stanislas et Bakary : une relation à la dynamite
Sur le plan narratif, la relation entre Bakary et Stanislas est au cœur d'un arc dramatique plus large. La complicité entre beau-père et beau-fils sera mise à rude épreuve par des révélations, des erreurs et des malentendus. Cissokho laisse entendre que l'histoire réserve plusieurs rebondissements.
Il décrit Bakary comme un personnage qui, malgré la douleur, ne se durcit pas. Il lui reconnaît la capacité d'apprendre de ses erreurs — et accorde la même chose à Stanislas. Les deux caractères semblent émotionnellement intelligents, sans pour autant être à l'abri des faux pas.
Pour les spectateurs, cette configuration promet beaucoup : des conflits, des questions de loyauté, des attentes brisées et la recherche d'un nouvel équilibre. Le motif familial gagne ainsi dans la série une dimension supplémentaire, qui dépasse largement les tensions culinaires et la compétition.
Se préparer à une dynamique père-fils intense
Pour incarner cette relation de façon convaincante, Cissokho a travaillé étroitement avec son partenaire de jeu Hubert Roulleau. Dès deux semaines avant le début du tournage, ils se retrouvent pour des essayages costumes et des répétitions communes, afin de trouver le ton juste de leur dynamique.
Roulleau est réputé sur le plateau pour sa rigueur et sa discipline. Cette approche a permis à Cissokho de se laisser davantage porter par ses émotions pendant les tournages, les fondations de préparation étant déjà solides. Derrière la caméra, une relation de confiance s'est construite, qui dépasse le simple cadre du tournage.
Sur le plateau, Cissokho en est venu à ne plus appeler son collègue Hubert — mais tout simplement « Papa ».
Une anecdote particulièrement révélatrice précède même le casting : pour se mettre émotionnellement dans la peau de Bakary et son attachement à la figure paternelle, Cissokho place une photo d'Hubert Roulleau en fond d'écran de son téléphone — avant même qu'ils se soient jamais rencontrés. Pendant une semaine entière, il voit quotidiennement le visage de son futur beau-père de fiction. Une préparation mentale inhabituelle, mais manifestement très efficace.
La mère de Bakary bientôt dans l'image
L'histoire familiale du personnage va bientôt s'élargir : selon Cissokho, la mère de Bakary doit faire son apparition dans la série prochainement. Elle sera incarnée par la comédienne Assanad Ibouroi.
Son arrivée va inévitablement redistribuer les cartes sur le plan émotionnel autour de Bakary. Jusqu'ici, Stanislas occupait seul la place de figure parentale centrale. Avec la mère, une deuxième référence affective entre en scène, susceptible d'apporter de nouvelles informations sur l'enfance de Bakary et l'histoire de la séparation.
Combien de temps Bakary restera-t-il à l'institut ?
Actuellement, Bakary est élève en échange au célèbre Institut Auguste Armand. Officiellement, ce séjour ne doit durer que six mois. Durant cette période, il vit une véritable course contre la montre : il tente de rattraper le niveau des autres élèves, alors que sa formation précédente à Bordeaux ne couvrait pas certaines matières enseignées à l'institut.
Dans la fiction, Bakary est sous pression pour se mettre à niveau académiquement — tandis qu'émotionnellement, tout s'agite autour de lui.
Diatrou Cissokho, lui, aimerait bien rester plus longtemps. Il confie ouvertement à quel point la série et l'équipe l'ont enthousiasmé. Mais c'est aux auteurs que reviendra la décision d'ancrer durablement Bakary à l'institut. Sur le plan dramaturgique, le personnage offre de nombreuses pistes — de l'ambitieux en ascension jusqu'au possible retrait vers une autre vie.
Ce que ce parcours dit aux jeunes comédiens
L'histoire de Cissokho se lit facilement comme un exemple parlant pour beaucoup de jeunes talents tiraillés entre sécurité et passion. Des études dans une filière reconnue, un chemin professionnel rassurant — et, en parallèle, un rêve risqué dont personne ne peut garantir qu'il portera ses fruits.
Que ce soit en France ou ailleurs, quiconque nourrit des ambitions similaires vit des dilemmes comparables. Trois éléments ressortent particulièrement dans le parcours de Cissokho :
- Il a su écouter tôt les retours concrets de son entourage, plutôt que de minimiser sa passion.
- Il a choisi le détour d'une formation solide au conservatoire, plutôt que de compter uniquement sur le hasard.
- Il a été prêt, au moment décisif, à tout risquer financièrement pour se présenter à un casting crucial.
Ce mélange de préparation et d'audace illustre bien comment les carrières dans les productions sérielles se construisent souvent : non pas comme une ascension linéaire, mais comme la conséquence de plusieurs décisions risquées, mais ciblées.
Séries, personnages, émotions : pourquoi des rôles comme Bakary touchent
Des formats comme « Ici tout commence » ne vivent plus depuis longtemps du seul décor. Émissions culinaires, internats, cliniques — tout cela ne constitue avant tout qu'une scène. Ce qui compte vraiment, c'est de savoir si des personnages comme Bakary portent de vrais conflits émotionnels.
Bakary réunit plusieurs dimensions qui parlent aux spectateurs : l'ascension sociale via un institut prestigieux, une famille recomposée fissurée, la douleur de l'abandon, le goût de la fête et de l'amitié. Cela génère de la reconnaissance, bien au-delà des cuisines et de l'univers gastronomique.
Quiconque est issu d'une constellation familiale imparfaite trouve dans de tels personnages des points d'accroche. La série exploite ainsi non seulement les recettes et les concours, mais aussi les déchirements familiaux comme matière capable de tenir sur des semaines et des mois.
Pour Diatrou Cissokho, Bakary représente un vaste terrain de jeu : il peut explorer la légèreté en salle, l'humour entre amis et les failles plus profondes dans les scènes de silence. C'est précisément cette amplitude qui rend attrayants les rôles qui se déroulent, en apparence, « seulement » dans un feuilleton quotidien — et qui explique pourquoi un jeune comédien est prêt à miser son dernier euro sur un seul casting.













