EXCLU. Lola Klodawski (Un si grand soleil) : « Je n’arrivais pas à retenir mes larmes »

Pendant cinq ans, Lola Klodawski a vécu au rythme d'« Un si grand soleil ». Aujourd'hui, elle tourne la page — et en paie le prix émotionnel.

La comédienne française Lola Klodawski quitte le feuilleton à succès Un si grand soleil et revient sur cette période avec une sincérité désarmante. Entre épuisement, soif de liberté créative et nouveaux projets, elle explique pourquoi elle a dû lâcher son personnage Élodie — et comment elle a failli se perdre elle-même dans ce départ.

Pourquoi Lola Klodawski tourne le dos à « Un si grand soleil »

Lola Klodawski a incarné le personnage d'Élodie pendant plusieurs années dans le feuilleton quotidien de France 3. La série fait partie des rendez-vous incontournables du soir en France : les personnages évoluent en continu, les plannings de tournage sont serrés, la machine tourne sans relâche. C'est précisément cette cadence qui a fini par creuser un vide en elle.

En janvier 2025, elle raconte avoir vécu un moment charnière. Le travail ne lui semblait plus porteur de sens. Son personnage servait de plus en plus de simple vecteur pour traiter certains thèmes ou conflits narratifs. L'évolution personnelle, les tournants intérieurs, les nouvelles facettes du rôle — tout cela lui manquait cruellement.

Pour Lola Klodawski, Élodie avait perdu sa force motrice intérieure, tandis que son propre désir de liberté artistique se faisait de plus en plus pressant.

La décision de partir ne s'est pas imposée du jour au lendemain. Elle a pris le temps de réfléchir, d'en parler avec ses proches et de peser les choses honnêtement. Un format quotidien offre sécurité, visibilité et revenus stables — mais aussi une routine qui finit par peser. À l'approche de ses 30 ans, elle a senti que cette routine la freinait davantage qu'elle ne la portait.

Le dernier jour de tournage : quand la fiction et la réalité se confondent

Elle décrit avec une intensité particulière les adieux sur le plateau. Dans la scène, Élodie quitte la ferme et se dirige vers la gare — un moment anodin sur le papier, mais qui s'est transformé pour la comédienne en une véritable séparation à vif.

Pendant le tournage, elle n'arrivait pas à maîtriser ses larmes. Le scénario demandait un simple au revoir, mais en elle, il se passait bien davantage. Ce n'était pas seulement un rôle qu'elle laissait derrière elle, c'était une équipe soudée et cinq années de quotidien partagé.

Les larmes versées à cette gare fictive n'étaient pas que du jeu — elles marquaient pour Lola la fin d'un chapitre entier de sa vie.

Travailler chaque jour avec les mêmes collègues, les mêmes techniciens, les mêmes auteurs crée des liens qui ressemblent presque à ceux d'une famille. Quitter une série, c'est aussi abandonner tout un tissu social. Sur des productions quotidiennes où l'on passe plus de temps sur le plateau qu'à la maison, cette rupture est d'autant plus douloureuse.

Quelle part d'Élodie vit en Lola — et inversement ?

Au fil des années, beaucoup de comédiennes finissent par se fondre dans leur personnage. Lola Klodawski reconnaît qu'il y a eu un vrai échange entre elle et Élodie. Elle a observé son personnage gagner en force, en assurance et en maturité — et y reconnaît aussi une part de son propre cheminement.

Elle trace malgré tout une frontière claire. Élodie, dit-elle, est plus douce, plus patiente, plus compréhensive qu'elle ne l'est elle-même. Lola se décrit comme plus impulsive, plus vive, parfois plus entière. Leur point commun le plus évident : une passion débordante et une façon de vivre les relations avec une grande intensité.

  • Points communs : tempérament passionné, émotions fortes, idéalisme en amour
  • Différences : Élodie est plus calme et indulgente, Lola agit de façon plus spontanée et directe
  • Apport du rôle : le personnage a aidé Lola à accepter et exprimer sa part plus sensible et vulnérable

Cette interaction entre le rôle et la personne est caractéristique des longs feuilletons. Endosser un personnage pendant des années amène à adopter certaines attitudes, même si le fond de la personnalité reste intact. En retour, le tempérament propre de la comédienne teinte inévitablement le rôle — notamment dans les émotions et le langage corporel.

Le désir de se réapproprier son corps et son cœur

À travers ses confidences, on comprend que Lola ne cherchait pas simplement un nouveau rôle, mais une transformation plus profonde. Elle parle de vouloir reprendre possession de son cœur et de son corps. Cette formulation révèle à quel point elle se sentait au service de visions qui n'étaient pas les siennes.

En tant que comédienne, elle donne vie à des textes écrits par d'autres, suit des directives de mise en scène et des contraintes dramaturgiques. Ce métier repose fondamentalement sur la capacité à se soumettre à l'imagination d'autrui. Après des années dans le même format, elle avait l'impression de vivre en permanence en « mode service », sans espace d'expression qui lui appartienne vraiment.

Lola ne cherchait pas seulement à changer d'emploi — elle aspirait à une forme d'autonomie nouvelle, artistique autant que personnelle.

Cette tension intérieure l'a poussée à s'investir davantage dans ses propres projets. Elle a commencé à noter des idées, à collecter des images, à inventer des personnages qui n'existaient pas dans les scripts d'Un si grand soleil. Ce processus s'est d'abord déroulé en parallèle du quotidien de la série — jusqu'au moment où il est devenu évident que les deux ne pouvaient plus coexister.

Nouveaux horizons : réalisation, théâtre et poésie

Après son départ, Lola n'a laissé aucun vide s'installer — elle l'a comblé avec une énergie remarquable. Son saut derrière la caméra est particulièrement frappant. Inspirée par une collègue, la comédienne Agnès Perraud, elle a développé l'idée d'un court-métrage intitulé Ingrid.

Ce faisant, elle est passée de l'interprétation à l'écriture de sa propre histoire. Elle a constitué une équipe, structuré un récit, planifié le tournage et réfléchi à la direction artistique. Pour beaucoup de stars de séries, ce chemin n'a rien d'évident : il exige d'assumer des responsabilités plutôt que de « simplement » jouer.

En parallèle, elle a bouclé un projet mûri depuis neuf ans : un recueil de poèmes. Pendant près d'une décennie, elle a accumulé des textes, retravaillé des vers, abandonné des pistes avant de recommencer. L'achèvement de ce recueil révèle à quel point le besoin d'une expression plus intime et littéraire couvait en elle depuis longtemps.

Les multiples visages de sa nouvelle carrière

Sa vie professionnelle actuelle se déploie désormais sur plusieurs fronts :

Domaine Projet Rôle de Lola Klodawski
Cinéma Ingrid (court-métrage) Initiatrice, scénario, réalisation
Théâtre Le Glaive Assistante à la mise en scène d'un spectacle féministe
Théâtre Intra-muros d'Alexis Michalik Comédienne au Théâtre La Pépinière
Littérature Recueil de poèmes (titre non encore dévoilé) Autrice
Cinéma/TV Projet de film en développement Scénario et développement

Cette diversité de projets comporte des risques, mais elle offre aussi une liberté précieuse. Elle n'est plus enchaînée à un seul planning de tournage et organise son énergie selon ses propres priorités. Après des années rythmées par des épisodes quotidiens, cette nouvelle organisation ressemble à un contrepied assumé face à la contrainte permanente.

Comment l'image des soaps quotidiens a évolué

Un autre aspect de son témoignage mérite attention : le regard que porte le milieu sur les séries quotidiennes. Quand elle a rejoint Un si grand soleil, elle avait perçu une certaine condescendance de la part de certains collègues. Les formats quotidiens étaient alors souvent vus comme de la « série B », une production purement commerciale et industrielle.

Quelques années plus tard, les mentalités ont sensiblement évolué. Les mêmes sceptiques la contactent désormais pour lui demander comment intégrer ce type de production. La raison est simple : les feuilletons quotidiens garantissent un travail régulier, une présence médiatique constante et une relation forte avec le public. Dans un marché instable, c'est une perspective de plus en plus attrayante.

Les soaps quotidiens ont largement perdu leur réputation de cimetière pour carrières et sont désormais perçus comme une solide plateforme de visibilité, surtout pour les jeunes comédiens.

Cette évolution n'est pas propre à la France. Des productions similaires à l'étranger connaissent les mêmes effets : tremplin, filet de sécurité financière, mais aussi parfois impasse artistique. Ceux qui, comme Lola, choisissent délibérément de partir envoient un signal fort en faveur de l'indépendance créative.

Élodie pourrait-elle un jour faire son retour ?

Sur la question d'un éventuel comeback, Lola répond sans ambiguïté. Elle ne se voit pas revenir dans l'univers d'Un si grand soleil dans un avenir proche. Seule petite porte entrouverte : peut-être, dans dix ans, dans une vie radicalement différente, avec un regard entièrement nouveau sur le personnage et le format.

Ce faisant, elle satisfait le souhait de nombreux fans tout en préservant sa propre liberté. Les productions sérielle prennent soin de garder des issues de secours en ne faisant pas mourir les personnages, mais en les laissant « partir ». C'est exactement ainsi qu'a été orchestré l'adieu d'Élodie. Pour la comédienne, l'histoire de ce personnage est intérieurement close — sans pour autant claquer définitivement la porte.

Ce que d'autres comédiennes peuvent retenir du parcours de Lola

Le choix de Lola reflète un dilemme que beaucoup de créatifs connaissent bien : la sécurité contre l'autodétermination. Un emploi quotidien dans une série signifie un cachet régulier, une cohésion d'équipe et une présence médiatique durable. Mais le risque de n'être plus qu'un rouage dans la machine est réel.

Quelques enseignements concrets que son parcours met en lumière :

  • Prendre au sérieux les signaux d'alarme précoces : quand un rôle ne fait plus sens, il vaut la peine d'examiner honnêtement les alternatives.
  • Développer ses propres projets en parallèle, avant de franchir le cap du départ.
  • Entretenir son réseau pour ne pas tomber dans le vide après la rupture.
  • Oser changer de perspective — passer du jeu à la réalisation ou à l'écriture, par exemple.

Les jeunes comédiennes qui débutent dans des formats quotidiens peuvent tirer une leçon précieuse de son histoire : la notoriété ne suffit pas à tout porter. Celles qui construisent tôt un deuxième pilier se donnent les moyens de choisir plus librement par la suite.

Pourquoi les adieux sur un plateau peuvent être si dévastateurs

Beaucoup de spectateurs sous-estiment l'intensité du lien qui se tisse autour d'un lieu de tournage. Cinq jours de plateau par semaine, les mêmes visages pendant des mois, des rituels partagés — cela génère un sentiment de communauté qui ressemble davantage à un environnement de travail familier qu'à un engagement théâtral classique.

D'un point de vue psychologique, ces équipes fonctionnent comme des « micro-familles » : maquillage, costumes, assistants de réalisation, opérateurs caméra. Quand l'un de ses membres quitte le groupe, cela provoque un véritable deuil. Les larmes de Lola lors de cet au revoir filmé dans une gare fictive en sont la démonstration parfaite : son corps enregistrait la perte avant même que son esprit ait pu la conceptualiser.

Un autre facteur entre en jeu : la porosité entre fiction et réalité. La scène du départ portait déjà en elle tous les symboles d'une séparation définitive — valises, quai de gare, voyage vers l'inconnu, dramaturgie classique de la rupture. Que des émotions personnelles s'y soient mêlées semblait presque inévitable.

De visage de série à artiste aux multiples facettes

Le parcours de Lola Klodawski montre comment une carrière peut s'extraire du corset d'un format unique sans pour autant plonger dans le vide. Elle capitalise sur ce qu'Un si grand soleil lui a appris — le rythme, la maîtrise du texte, le travail en équipe — et le transpose vers de nouveaux territoires : ses propres films, le théâtre, la littérature et l'assistanat à la mise en scène.

Pour les fans, son départ représente une absence à l'écran. Pour elle, c'est le début d'une phase expérimentale. Ce sont justement ces périodes de transition qui façonnent les biographies plus profondément que les années de confort et d'habitude. La façon dont ses projets vont prendre forme déterminera si la phrase « Je n'arrivais pas à retenir mes larmes » restera associée à la mélancolie — ou si elle finira par résonner comme une victoire.

Auteur/autrice

  • Jonathan Coni est un blogueur et influenceur français reconnu pour ses contenus pratiques autour des astuces du quotidien. À travers des vidéos courtes, claires et faciles à reproduire, il partage des lifehacks pour la maison, des conseils de ménage, des idées DIY et des petits trucs qui simplifient la vie de tous les jours.

    Son approche se distingue par des solutions simples, rapides et accessibles, souvent réalisées avec des produits courants : éliminer la rouille, optimiser le rangement, nettoyer plus efficacement ou résoudre de petits soucis domestiques. Avec un ton direct et pédagogique, Jonathan aide sa communauté à gagner du temps, à économiser et à adopter des gestes malins au quotidien.

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